Il existe en France 15 espèces de Nemesia, dont 7 se retrouvent en Corse, parmi lesquelles 6 sont endémiques de l’île.
Voici la liste :
- Nemesia caementaria (Latreille, 1798) :
La femelle a un cephalothorax compris entre 5,50 et 7,42 mm, le mâle entre 4 à 5,62 mm. Le corps mesure entre 11 et 13 mm. Les tiges des chélicères possèdent de grosses soies caractéristiques. Cette mygale se retrouve dans le Languedoc-Roussillon, l’Hérault (Montpellier,Béziers), L’Aude (Narbonne, la Clape), les Pyrénées-Orientales (Collioure, Bagnyuls-sur-Mer). Elle se retouve fréquemment le long de la côte méditerranéenne, de Montpellier jusqu’à Terragona. Son terrier est formé d’un opercule à charnière, rond, épais et à bord tronconiques. Il est imperméable à l’eau. L’araignée se tient souvent sous l’opercule, quelle soulève légèrement, laissant dépasser l’extrémité de ses pattes, et reste ainsi à l’affût de la moindre proie. Le terrier, qui peut atteindre de 25 à 30 cm de profondeur, est de préférence creusé dans un sol compact et argileux, toujours exposé au nord nord-est ou nord-ouest, sur un plan incliné et voire même parfois vertical : berges de ruisseaux et de rivières, talus divers de chemins creux, murettes de pierres sèches dans des vignobles. La chasse est nocturne et ne se fait sans réel abandon du terrier. Cette Nemesia se nourrit de grillons, fourmis, de coleoptères, d’abeilles…Elle peut stocker plusieurs captures dans son terrier avant de les consommer. Les débris, emmaillotés de soie, forment une petite pelote que l’araignée garde au fond de son terrier. La recherche des femelles par les mâles s’effectue en mars. Sa durée de vie pourrait atteindre 20 ans.
Il est a noter que cette Mygale est très agressive puisque le moindre contact provoque une attaque immédiate. La morsure est prolongée. La toxicité de son venin est inconnue. - Nemesia congener (O. P.-Cambridge, 1874).
Le terrier est constitué d’un embranchement aigu et de 2 opercules. Le premier opercule, celui de l’entrée, est mince, flasque, avec un contour la plupart du temps irrégulier et prolongé par une collerette soyeuse mêlée de chaumes de graminées. L’opercule interne et placé au niveau de l’angle de bifurcation des 2 tubes. Il est très dur, court et large, à coupe triangulaire. Il est bordé d’une longue frange en forme de tablier. Cette espèce est retrouvé dans les Bouches-du-Rhône (Aix, forêt de Vitrolle),le Var (Toulon, Hyères, forêt de Dom, le Lavandou, île de Porquerolles, Cavalière…), peut-être dans le Vaucluse, près de Vaison. - Nemesia dubia (O. P.-Cambridge, 1874).
Elle présente des colorations de la partie céphalique particulières. Cette Myagle tend des fils radiaires autour de l’orifice du terrier, fils qui détectent les proies potentielles qui passent dessus. Elle se retrouve du Languedoc-Roussillon à l’Ardèche. - Nemesia eleanora (O. P.-Cambridge, 1873).
Cette Mygale est de couleur sombre. Le nid n’est constitué que d’un tube mais à double porte : une à l’extérieur (mince et flasque), une à l’intérieur (presque circulaire), avec une frange tronquée en forme de tablier et chacun des angles prolongés par un filet soyeux. Le deuxième permet à la Mygale d’échapper éventuellement à un prédateur. Le tube est souvent prolongé, à l’extérieur, de mousses ou d’herbes. Elle est présente dans le Sud-Est de la France (Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes.) - Nemesia incerta (O. P.-Cambridge, 1874).
Très peu d’informations sur cette espèce. Cette araignée n’est connue que dans les Basses-Alpes. - Nemesia manderstjernae (L. Koch, 1871).
Le terrier à embranchement à angle aigu et pourvu de 2 opercules. L’opercule d’entrée est mince mais plus rigide que celui de Nemesia congener. L’opercule intérieur, inséré comme celui de Nemesia congener est ovale, de forme très allongée et prolongé par une frange tronquée en forme de tablier. Cette Nemesia se retrouve dans le Var (Hyères, Bormes), Alpes-Maritimes (Cannes, Cagnes, Nice, Monaco, Menton), le litoral d(Hyères à Menton. - Nemesia raripila (Simon, 1914).
Le terrier est simple et sans embranchement, ni opercule intérieur. L’opercule extérieur est mince mais rigide et rond. Cette Mygale se retrouve dans les Pyrénées-Orientales (Bagnyuls-sur-Mer, forêt de la Massane, forêt de Ceret, Velmanya). - Nemesia simoni (O. P. Cambridge, 1874).
Elle se retrouve dans la Gironde (Bordeaux, Cadillac…), le Gers (Courrensan), les Basses-Pyrénées, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne (de la plaine jusqu’à 1200 mètres d’altitude), l’Aude (Escouloubre…), le Sud-ouest de la France, entre la Garonne et les Pyrénées.
Les 7 espèces suivantes sont originaires de Corse (dont 6 sont endémiques) :
- Nemesia albicomis (Simon, 1914).
Elle se retrouverait au Sud de l’île, près de Bonifacio. - Nemesia arenicola (Simon, 1892).
Elle se retrouverait sur les plages du Sud de l’île, près de Bonifacio et près de Porto-Vecchio. - Nemesia badia (Ausserer, 1871).
- Nemesia carminans (Latreille, 1818).
Elle est très proche de Nemesia caemantaria Elle est présente en Corse (Calvi, Ajaccio, Bonifacio) mais également dans le Sud de la France (Vaucluse, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhônes, Var, Alpes-Maritimes). - Nemesia corsica (Simon, 1873).
Sa répartition en Corse est controversée. D’après Simon (1914), elle est commune à toute l’île, aussi bien dans les parties hautes que dans les parties basses. Selon Emerit (1992), c’est une espèce côtière que l’on trouve d’avantage sur un sol plat et sableux. - Nemesia fertoni (Simon, 1914).
Cette espèce se retrouve au alentours de Bonifacio. - Nemesia meridionalis (Costa, 1838).
Le terrier de cette Mygale comprend une porte souterraine en plus et 2 galeries (dont un tube à 45°). La seconde porte est destinée à permettre la fuite de l’Araignée en cas d’agression. Le second tube se termine souvent en cul de sac (toujours chez les jeunes), mais il arrive qu’il donne sur la surface. Et si une porte apparaît alors (3 portes), une des 2 portes en surface est le plus souvent négligée. L’Araignée ouvre de temps à autre son opercule. Si elle est agressée, elle ferme rapidement la porte et se recroqueville au fond de son terrier ou, plus rarement et pour les plus agressives, elle sort et ouvre ses crochets pour tenter d’impressionner l’agresseur (Scolopendres comme Scolopendra, de petits Lézards, etc.). Sur l’opercule, à l’extérieur, nous trouverons divers types de décors en fonction de l’habitat de l’animal. En général, la porte d’entrée s’harmonise bien avec le milieu, mais il arrive cependant que certaines attirent un peu l’attention (notamment quand le milieu est plus sec, l’opercule est plus pâle que le reste du terrain). Le nid est parfois réalisé dans des murs fait de pierres volcaniques, le plus souvent dans des lieux ombragé et tourné au nord ou à l’est, rarement vers le sud, afin de trouver calme et humidité nécessaire à son bien être. Le terrier excède rarement la longueur d’une paume. La direction du tube est souvent horizontal, dans un premier temps, puis remonte brusquement en tournant à gauche ou à droite et quelquefois en zizag. Cette Myagle tend des fils radiaires autour de l’orifice du terrier, fils qui détectent les proies potentielles qui passent dessus. Il est à noté que lorsque cette Mygale est exposée à la lumière, elle fait la morte.
Pour une détermination précise de ces différentes espèces, il est souvent indispensable de recourir à une clé de détermination tant il est compliqué de différencier les différents spécimens. Si vous cherchez a en savoir plus, vous pouvez me contacter par e-mail via la page principale.
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